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smiley : regular_smile Vaincre nos peurs.

Je suis entouré de gens qui ont peur. Peur de tout. Peur de vivre. Peur de mourir. Peur de vieillir. Peur de grandir. Peur de faire. Peur de ne rien faire. Peur de ne pas en faire assez. Peur d'en faire trop. Peur de ne pas exister. Peur de se montrer. Peur de dire. Peur de ne rien dire. Peur de ne jamais rien avoir à dire. Peur du jugement et du regard des autres. Peur d'aimer. Peur de ne jamais aimer. Peur de ne plus aimer. Peur de ne pas ou plus être aimé. Peur pour leur enfant. Peur de leur enfant. Peur pour leurs parents. Peur de leurs parents. Peur de l'évolution du monde. Peur de la misère. Peur de perdre leur argent. Peur de l'argent.Peur de l'injustice. Peur de la justice.Peur de la liberté. Peur de la solitude.Peur d'être avec les autres.  Peur de la méchanceté. Peur de la gentillesse.Peur de risquer. Peur de perdre. Peur de gagner. Peur d'avoir peur.

C'est effrayant !

La traduction, dans la vie quotidienne, de toutes ces peurs, fait de beaucoup d'entre-nous des sous-hommes et nous laisse en l'état de chrysalides. S'ensuivent, comme justifications,  des aboiements, des cris, des tonnerres,des colères, des pleurs, des fuites,  des haines, des justifications incompréhensibles, des comportements burlesques, des comportements excessifs,des comportements destructeurs et auto-destructeurs, des replis sur soi, des replis communautaires et pseudo-identitaires, des croyances religieuses rassurantes, d'illusoires négations de la réalité, la négation de l'amour, la négation de la vie, l'incapacité d'action.

 

Je conseille la lecture du livre de Luc Ferry, "vaincre les peurs", paru en 2006.

Luc ferry, au sujet de son livre:

" Le point de départ de ce livre est une conférence dans laquelle j'ai présenté à un large public les points essentiels de mon livre, Apprendre à vivre. On y trouvera une réflexion sur ce qu'est la philosophie, sur ce qu'elle peut nous apporter en termes de sagesse pratique, sur les temps forts qui ont marqué son histoire. J'y développe l'idée selon laquelle les grandes philosophies sont, pour l'essentiel, des doctrines du salut sans Dieu, des tentatives de nous sauver des peurs qui nous empêchent de parvenir à une vie bonne, sans l'aide de la foi ni le recours à un Etre suprême. Mais le propos de ce livre n'est pas seulement pédagogique. J'ai cherché ici à expliciter la perspective philosophique à partir de laquelle je raconte et m'approprie en quelque façon cette histoire. L'humanisme postnietzschéen que je professe forme ainsi le fil conducteur principal de ce texte - ce qui permettra à mon lecteur de se situer lui-même plus aisément. La deuxième partie, directement liée à la première, relève d'un genre ancien : celui des "réponses aux objections". Certaines d'entre elles m'ont semblé si intéressantes que j'ai souhaité les publier pour tenter, en y répondant, de préciser et d'approfondir la perspective philosophique esquissée dans la conférence. Enfin on trouvera dans la troisième partie, présentées sous forme de petits exposés, quelques-unes des idées que je conseillerais à tout un chacun d'emporter, comme on dit, sur l'île déserte... " .

 

 

vendredi 07 novembre à 16h53 par MINOTAURE | # | 2 commentaires

smiley : regular_smile Le consommateur liquide.

En cette période de questionnements, je voulais vous recommander la lecture de ce livre.

Le sociologue anglais Zygmunt Bauman dit les quatre vérités de la société marchande.

Chassé de l'université de Varsovie en 1968 à la suite de persécutions antisémites, sous le régime communiste qu'on s'en souvienne, Zygmunt Bauman, né à Poznan en 1925, y avait jusque-là enseigné la philosophie. Il fut, depuis, reçu comme professeur de sociologie à l'université de Leeds, dont il est aujourd'hui émérite. S'il n'est bien connu dans la sphère francophone que depuis une dizaine d'années, c'est parce que ses ouvrages furent traduits en français à partir de 1999.

S'étant attelé à l'étude de nombreux faits sociétaux postmodernes tels que la télé-réalité, décrite comme une métaphore du monde global, où "ce qui est mis en scène, c'est la jetabilité, l'interchangeabilité et l'exclusion", il qualifie désormais la société de "liquide", parce que les relations sociales et les liens entre les hommes y sont de plus en plus fragiles et impalpables.

SOCIÉTÉ DU MANQUE

Dans nombre de ses livres, Zygmunt Bauman y va d'une critique acérée de la société de consommation et du modèle économique régnant. Il n'en démord pas dans son dernier ouvrage, "S'acheter une vie", où il démonte les rouages virtuels d'une hyper-consommation qui, par le truchement de l'Internet principalement, réaménage de fond en comble le rapport entre le consommateur et la marchandise. Le sujet étant lui-même, en quelque sorte, réinvesti comme produit, de préférence malléable, souple et sans attaches. Ce qu'il nomme la "re-marchandisation" du consommateur.

Il faut convenir qu'est intervenue récemment, avec la "révolution consumériste", une rupture de la consommation classique. D'une société solide des producteurs, on est entré dans la société liquide des consommateurs.

"Durant l'époque moderne solide de la société des producteurs, la satisfaction semblait bel et bien résider avant tout dans la promesse d'une sécurité à long terme, et non dans la jouissance immédiate des plaisirs."

Car, dans ladite société des consommateurs, le désir humain de stabilité est censé passer du statut de principal atout systémique à celui de handicap majeur du système, potentiellement fatal, source de perturbation et de dysfonctionnement. Puisque le consumérisme, précise l'auteur, associe moins le bonheur à la satisfaction des besoins qu'à une augmentation constante des désirs en volume et en intensité. Et il rejoint ici la vision de Walter Benjamin, qui voyait muer conceptuellement le "temps de la nécessité" en un "temps des possibilités", soit désormais un temps aléatoire ouvert à tout moment à l'irruption imprévisible du nouveau.

LA SOUVERAINE BOURSE

"En plus d'être une économie de l'excès et du déchet, le consumérisme est aussi une économie de la tromperie. Il parie sur l'irrationalité des consommateurs, et non sur leurs évaluations motivées et pondérées. Il parie sur la provocation d'émotions consuméristes, et non sur la culture de la raison."

Du coup, le vrai porteur du pouvoir souverain dans la société des consommateurs est la Bourse de marchandises. S'ensuit alors, au détriment de la citoyenneté, une "capitulation toujours plus complète de l'État face au chantage des forces du marché". Avec, comme corollaire, une évidente disqualification de la politique. Bien que celle-ci, comme on le voit en ces jours noirs de crise, soit soudain appelée à la rescousse, dans le secret espoir d'une nouvelle politique de régulation et d'une redistribution des cartes.

Dans la hiérarchie des valeurs reconnues, le syndrome consumériste aurait dégradé la durée pour exalter l'éphémère. Il a réduit la période de temps séparant non seulement le manque de sa satisfaction, mais encore l'instant de naissance du manque de son instant de fin. "Dans le monde moderne liquide, la lenteur annonce la mort sociale." Peut-on croire aujourd'hui que seront restaurées les vertus du temps, comme si la société des consommateurs allait tirer des événements une leçon salutaire ? On devine la moue circonspecte du savant.

S'acheter une vie (Consuming Life), Zygmunt Bauman, traduit de l'anglais par Christophe Rosson, Ed. Jacqueline Chambon.

jeudi 23 octobre à 09h08 par MINOTAURE | # | 1 commentaire

smiley : regular_smile Reviens.

                                           

                                               Désappointement, humeurs , éloignement,

                                           les mots de ton absence, les maux de ma solitude.

                                                         Dans ce dédale où j'erre et j' attends,

                                              il n'y a plus que ce bout de coton sur le sol rude.

                                                      Héros et hérauts sont aux aguets,

                                                qu' importe les gueux et les demi-dieux,

                                                         du donjon, ils crient aux cieux,

                                                 reviens, et efface l'ombre des regrets.

                                               

                              

mercredi 24 septembre à 15h31 par MINOTAURE | # | 8 commentaires

smiley : regular_smile L'esprit de solitude(2).

Manquant quelque peu de références littéraires et philosophiques et passant souvent pour quelqu'un "d'un peu à part", j'en suis souvent à m'interroger sur les fondements de mon "moi" et le bien-fondé de ma pensée,  bien que ce manque ne m'ai jamais dérangé, préférant ma réflexion personnelle,fruit de mes constats et de mon expérience, à celle des autres, trop souvent dictées par l'accommodement hypocrite à un statut, une éducation, un conditionnement génétique, un profit, une bonne conscience ou pire encore l'assimilation sécurisante à un groupe.

Je n'ai pas la prétention de m'être construit tout seul et je reconnais que certaines rencontres ont été déterminantes. La découverte, toute récente,  du livre de Jacqueline Kelen  "L'esprit de solitude" est presque une révélation.. Non, je ne suis pas seul, en tous cas, sur le thème développé dans le livre,même si je n'en doutais pas, ni  que cette révélation fut  nécessaire à la fermeté et à l'affirmation de mes convictions.

Un sourire qui s'agrandit,simplement.

 

Alors, pour ceux que cela intéresse et pour mon plaisir aussi, j'avais envie de publier quelques idées de Jacqueline Kelen.

Jacqueline Kelen à propos de son livre:

"Pour la plupart des contemporains, la solitude est ressentie de façon négative : on la confond avec l'isolement, le manque, l'abandon. Et la société veille à empêcher que l'être humain ne se retrouve seul, face à lui-même. Or la solitude choisie est loin d'être un enfermement, une pauvreté : c'est un état d'heureuse plénitude. Non seulement parce qu'elle offre la clef de la vie intérieure et créative, mais parce qu'elle est disponibilité et chemin d'apprentissage de l'amour. Il n'est pas de liberté de l'individu sans ce recueillement de la pensée, sans cet ermitage du coeur. Pourquoi tant de philosophes, d'artistes, de saints et de mystiques furent-ils de grands solitaires ? Quelle force, quelle inspiration puisèrent-ils dans une vie d'austère apparence ? Et pourquoi notre monde lutte-t-il avec tant d'ardeur contre un état propice à la connaissance de soi ?"

Interview de Jacqueline Kelen:

Pourquoi faire l'éloge de la solitude?

"La solitude est un thème éminemment humain et dans un même temps, terriblement repoussé. Car on associe le plus souvent la solitude à l'isolement, à la séparation, au deuil, à l'abandon et donc à une grande forme de détresse. La solitude ressemble donc à un épouvantail monstrueux qu'il faut fuir à tout prix. Dans notre société, il n'est pas “normal” de rester seul(e), d'en être heureux, tout comme cela paraît suspect de ne pas vouloir d'enfant. Car beaucoup ne réalisent pas que choisir la voie solitaire, ce n'est pas vivre comme une âme en peine, abandonnée de tous.

De mon point de vue, c'est la solitude qui nous fait passer du statut d'homme mortel à celui d'être humain. Car elle nous met en contact direct avec nous-mêmes et nous offre un accès privilégié à notre richesse intérieure. Elle nous offre l'opportunité de nous découvrir, de rendre chacun d'entre nous unique et de nous ouvrir pleinement aux autres. Elle nous délivre de l'isolement, en nous faisant passer du “moi”, conditionné et dépendant car toujours en rapport aux autres, au “je” libre et responsable.
La solitude est notre maturité."

Comment apprendre à positiver sa solitude?

"La solitude est souvent perçue comme une épreuve quand on l'expérimente après une rupture, un abandon, un deuil. Alors plutôt que de tenter de la fuir, il faut faire face et traverser cette épreuve. En se disant que c'est l'occasion d'une rencontre avec soi et une ouverture sur tous les possibles. Au lieu de penser que l'on ne peut plus rien faire, que l'on devient inutile parce que l'on est seul, il faut au contraire plonger au plus profond de soi pour découvrir toutes les richesses que l'on possède.

Pour ce faire, je conseille souvent d'écrire. D'écrire dans un carnet ou un cahier, toutes les choses que l'on aimerait faire ou vivre, tous les rêves qui nous habitent sans laisser s'installer le barrage du rationnel.
Et interrogez-vous sur ce qui vous en empêche. C'est bien souvent le regard des autres. Prenez alors conscience que c'est vous qui créez votre vie, qui en êtes responsable, et non les autres. La solitude nous offre cette belle leçon : il faut d'abord attendre de soi et non des autres. Il faut d'abord savoir compter sur soi et s'aider soi-même. Et les autres viendront vers vous car ils ne seront pas là pour, en premier lieu, combler vos manques ou animer votre vie."

PS: incroyable, j'ai toujours tenu ce discours, j'ai l'impression que c'est moi qui parle!

Est-il important de se ménager des moments de solitude quand on vit en couple ou en famille?

"Oui, car il est toujours important de garder le contact avec soi-même. Quand on vit en couple ou en famille, on finit trop souvent par croire que l'on n'existe plus sans l'autre. Il est donc important de cultiver son jardin secret, de prendre du temps pour soi sans culpabiliser (ce n'est pas un acte égoïste ! ), voire de se ménager un petit territoire bien à soi dans l'espace géographique familial.

Une autre façon de se retrouver avec soi-même peut passer par la méditation. Le simple fait de rester chaque jour, assis un quart d'heure sans bouger, les yeux clos, dans le silence, est un formidable moyen de s'enraciner au plus profond de soi-même, et donc dans sa vie. Sans qu'il y ait pour autant d'implication religieuse ou spirituelle. Ce sont juste des retrouvailles intimes, un moment que l'on s'offre pour s'écouter, se comprendre, se recentrer. Et d'une certaine manière, se respecter."

lundi 15 septembre à 12h58 par MINOTAURE | # | 9 commentaires

smiley : regular_smile L'esprit de solitude.

Ce samedi soir, autour d'une table , nous échangions quelques idées.

La solitude s'invita, de façon inopportune, à la conversation. Une des convives et moi-même fumes d'accord pour vanter ses avantages.

Pour la plupart  des gens, elle est synonyme d'abandon et engendre une peur viscérale alors qu'il m'apparait que ses vertus sont nombreuses et dès qu'on a su l'apprivoiser, elle favorise la réflexion et la méditation , ses silences devenant audibles, amicaux et apaisants.

Etre seul avec soi-même est  la meilleure rencontre que l'on puisse faire."C'est peut-être la première et la dernière forme de liberté" , ai-je osé lancer en pâture...

La lecture d'un ouvrage intitulé "L'esprit de solitude" de Jacqueline Kelen, me fut conseillé par la susdite convive.

je vous livre un extrait de celui-ci. Cet ouvrage, prix Alef 2002, est paru aux éditions "La renaissance du livre".

 

"Mieux vaut être seul que mal accompagné", disait au XVe siècle Pierre Gringoire. Cette parole devenue proverbiale est loin d'être suivie et le monde moderne, empli de technologies et vide de chaleur humaine, pousse plutôt à rechercher un nid de tendresse ou l'appui d'un groupe. "Tout plutôt que d'être seul" serait la devise actuelle. C'est le début de la lâcheté, de la compromission. Le principal défaut de toute vie collective tient à la considérable déperdition d'énergie qu'elle induit, avec le gâchis de temps qui s'ensuit. Chaque individu perd en intensité ce qu'il acquiert en sécurité. Et cela vaut pour l'habituelle vie de famille, réconfortante et épuisante."

 

PS: je serais hypocrite en omettant de dire que nous avons , ensemble, passé une excellente soirée.

dimanche 14 septembre à 17h43 par MINOTAURE | # | commenter
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